L'apocope, c'est tout simplement la chute d'une ou plusieurs syllabes à la fin d'un mot. Vous l'utilisez tous les jours ! Puisque je vous le dis !... Vous dites bien télé et non télévision... vélo et non vélocipède ! J'en passe et des meilleurs ! Alors !...
Eh bien, le même phénomène se rencontre dans l'utilisation des toponymes. Ainsi les Bigoudens parlent plus volontiers du Guil que du Guilvinec. Ils disent aussi Loc, Leskon, Saint-Gué, Pont-L'Abb... (je vous laisse deviner les noms complets).
Ce n'est pas tout. On va fêter les Gras à Douarn'. On se rend à Lambé, aux Quat'-Moul', à Ponta (c'est à Brest : cherchez bien !). On va à Saint-Thé, Ploudal, Landi, Conc, Guip, Porspo, Ploubaz, Saint-Broc... J'en oublie certainement car je ne sais pas tout !
Les toponymes bretons sont souvent formés de deux ou trois mots : Beuzec-Cap-Sizun, Châteauneuf-du-Faou, Saint-Jean-Trolimon... On abrégeait déjà : Beuzec, Châteauneuf, Saint-Jean.
En Breton, on opère la même simplification. An Ospital (l'Hôpital-Camfrout), Lambaol (Lampaul-Guimiliau), Ar Pont (Pont-Croix). J'arrête ma litanie mais on peut la continuer...
Je ne parle pas de la conversation courante où l'apocope est reine !... Mais comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, la plupart des utilisateurs de cette mode l'ignorent.
Va-t-elle continuer ainsi ? Réponse dans un siècle !...