Nous avons tous appris à l'école que la rançon de Du Guesclin, fait prisonnier à la bataille de Navarette en 1367, avait été payée par toutes les fileuses du royaume.
Belle histoire que l'on racontait aux enfants pour renforcer la cohésion nationale à une époque où, peut-être, elle faisait défaut... Toujours est-il que cette version n'est pas exacte. Reprenons donc par le début.
On se rappelle que le brave guerrier, au service du roi de France, luttait contre les Anglais pendant la guerre dite de Cent ans. Le 3 avril 1367, il est fait prisonnier à la bataille de Navarette par Edouard, surnommé le Prince Noir, fils du roi d'Angleterre Edouard III. A cette époque, les prisonniers de valeur étaient libérés contre une rançon. Celle de Du Guesclin se monta à cette occasion à 400 kg d'or. Trois ans auparavant, lors de la bataille d'Auray où il fut également fait prisonnier, elle n'était que de la moitié. La cote de Du Guesclin avait monté !
Alors, qui paya cette rançon ? Eh bien, Jeanne de Kent, épouse du Prince Noir, versa 30 000 florins d'or. Des officiers anglais mirent aussi la main à la poche. Voilà des gens qui n'étaient pas rancuniers et qui payaient pour libérer leur ennemi. C'est du fair-play ou je n'y connais rien !... Jeanne de Penthièvre, veuve du duc de Bretagne Charles de Blois, versa également une bonne somme. Pour ce qui la concerne, on la comprend car messire Bertrand combattit aux côtés de son mari dont il était le plus vaillant capitaine.
Mais les Français ? Qu'ont-ils payé ? Le roi Charles V paya la moitié de la rançon (Ah ! quand même...) mais cela grâce à une taxe levée en Languedoc !... Etonnant non ?...
Mais on ne trouve pas de fileuses parmi les généreux donateurs !