Lorsque les Bretons insulaires ont traversé la Manche vers le Vème siècle pour venir en Armorique dans ce qui deviendra la Bretagne, ils amenèrent avec eux leurs coutumes, leur organisation sociale. La femme était plus considérée que dans les pays méditerranéens. Ainsi, le régime matrimonial était sensiblement le même que celui que nous appelons actuellement "la communauté réduite aux acquêts". On n'a rien inventé.
Si le mari était le chef de la famille, donc de sa femme et de ses enfants, il n'avait pas le droit de vie et de mort sur eux. Je vous entends dire : c'est encore heureux !... Sachez donc que cette habitude existait chez la plupart des autres peuples de cette époque farouche...
Le divorce existait aussi, avec des dédommagements financiers soigneusement établis suivant que le mariage durait depuis plus ou moins de sept ans. Toujours la magie du chiffre sept. Il y avait même un mariage à l'essai. Je vous le dis, on n'a vraiment rien inventé !... Mais il était limité à un an. Au bout de ce délai, chacun pouvait reprendre sa liberté, à la condition qu'il n'y ait pas d'enfant, ou continuer ainsi une autre année, ou se marier.
Outre leur femme légitime, les chefs possédaient une ou plusieurs concubines officielles, dont les enfants étaient élevés avec les enfants légitimes.
Comme vous le constatez, les chefs ont toujours eu droit à un régime à part...