Les Bretons, inventeurs de la grève de la faim
A l'époque des premiers ducs de Normandie, les Normands avaient la tradition du haro pour protester contre une injustice qu'ils estimaient leur avoir été faite "Haro mon prince, on me fait tort !" Les Bretons avaient eux aussi à la même époque leur façon de manifester leur désaccord face à un problème semblable. L'homme qui considérait être victime de quelque iniquité, allait se mettre devant la porte de celui qu'il estimait être le responsable de cette malveillance et y restait jusqu'à ce qu'il obtînt raison. Durant tout ce temps, il ne prenait aucune nourriture. Il devait être sûr de son bon droit, comme son cousin normand criant son haro car la notoriété de celui qui lui avait fait tort ne l'arrêtait pas : prince, comte, roi, la résolution était la même chez le gréviste de la faim. On disait qu'il "jeûnait contre quelqu'un". Combien de temps durait ce jeûne ? L'histoire ne le dit pas. Mais on peut penser qu'il obtenait satisfaction rapidement. En effet, gare à ceux qui se lançaient dans pareille épreuve sans raison valable...
(tiré de l'Almanach du Breton, édition 2002)